Notre corps passe sa vie à s’adapter Nous avons souvent l’impression que notre corps est le même tout au long de notre vie. Pourtant, il ne cesse d’évoluer. Il s’adapte à la croissance, à une grossesse, au manque de sommeil, au stress, à une maladie, à une fracture, au vieillissement… La périménopause fait partie de ces grandes périodes d’adaptation.
Ce n’est pas un dysfonctionnement. C’est une transition.
Un orchestre… mais aussi un chef qui improvise.
J’aime comparer le corps à un immense orchestre.
Pendant des dizaines d’années, les hormones jouent le rôle du chef d’orchestre. Elles ne produisent pas la musique elles-mêmes. Elles donnent le rythme. Elles indiquent quand commencer, quand ralentir, quand accélérer. Grâce à elles, chaque musicien joue au bon moment.
Puis arrive la périménopause.
Le chef d’orchestre ne quitte pas la scène. Mais il devient imprévisible. Parfois il accélère. Parfois il ralentit. Parfois il change complètement de tempo. Et malgré cela… Les musiciens continuent de jouer. Ils s’écoutent davantage. Ils se réadaptent. Ils font tout leur possible pour que la musique continue. Notre corps fait exactement la même chose.
Pourquoi tout semble changer en même temps ?
On croit souvent que les hormones servent uniquement à avoir des règles. En réalité, elles sont comme des milliers de petits messages envoyés chaque seconde dans tout le corps.
Au cerveau.
Au cœur.
Aux muscles.
Aux os.
À la peau.
Aux vaisseaux sanguins.
À notre thermostat interne.
À notre mémoire.
À notre sommeil.
À nos émotions.
Lorsque ces messages deviennent moins réguliers, c’est tout le corps qui doit réinterpréter les informations qu’il reçoit. Imaginez maintenant une entreprise.
Chaque matin, le directeur change les consignes. Le lundi, il demande une chose. Le mardi, il change complètement d’avis. Le mercredi, il revient à la première idée.
L’entreprise continue de fonctionner. Mais chaque salarié doit sans cesse se réadapter. Cette réorganisation permanente demande énormément d’énergie. Notre organisme fonctionne un peu de la même manière.
Pourquoi cette fatigue est-elle si particulière ?
C’est probablement l’un des symptômes dont les femmes parlent le plus. Une fatigue qui ne ressemble pas toujours à celle que l’on connaissait auparavant. Comme si tout demandait davantage d’efforts.
Imaginez votre téléphone pendant une grosse mise à jour.
Vous pouvez continuer à l’utiliser. Mais il chauffe. La batterie descend plus vite. Certaines applications répondent un peu moins rapidement.
Non pas parce qu’il est cassé. Mais parce qu’en arrière-plan, il est en train de réorganiser tout son système.
Notre corps fait quelque chose de très proche. Il travaille en permanence pour maintenir son équilibre malgré des messages hormonaux qui changent constamment. Et cela demande des ressources. Beaucoup de ressources. Du temps. De l’énergie.
Alors non… Ce n’est pas « dans la tête ». Ce n’est pas de la paresse. Ce n’est pas un manque de volonté. C’est un organisme incroyablement intelligent qui fait tout ce qu’il peut pour continuer à fonctionner harmonieusement.
Et les hommes ?
Eux aussi connaissent des changements hormonaux. La différence est que leur évolution est généralement plus progressive, plus linéaire.
Il ne s’agit donc pas de comparer les difficultés. Simplement de reconnaître que chaque corps traverse ses propres étapes.
La périménopause n’est pas une panne. C’est une adaptation. Et toute adaptation demande de l’énergie. Elle demande du temps. Elle demande parfois de ralentir un peu. D’écouter davantage son corps. D’accepter qu’il fasse les choses autrement qu’il y a dix ou vingt ans.
Nous sommes souvent très patients avec ceux que nous aimons lorsqu’ils traversent une période de changement. Peut-être est-il temps d’offrir cette même patience à notre propre corps.
Parce qu’il ne nous abandonne pas. Il fait simplement ce qu’il a toujours su faire depuis notre naissance : s’adapter pour continuer à vivre.